Des caméras à Aigues-Mortes : la vidéosurveillance ne protège pas mais elle plombe les budgets locaux

Communiqué de presse du 22-12-2012

Le conseil municipal d’Aigues-Mortes du 20 décembre a voté un programme de renouvellement et  d’extension du système de vidéosurveillance pour un montant de 380 000 euros.

Le maire avait pourtant annoncé devant les mêmes élus en 2008 qu’il n’étendrait pas la vidéosurveillance parce qu’il était «de gauche». On est en droit de supposer que les résultats des dernières élections l’ont convaincu de faire ce reniement supplémentaire.

Toutes les études scientifiques montrent l’inefficacité de ces dispositifs sur la voie publique (cf les travaux de T. Le Goff). On sait par contre que l’Etat y a trouvé un moyen très efficace de transférer aux communes la charge et la responsabilité d’une de ses compétences régaliennes (la sécurité publique). On sait encore que ces dépenses exorbitantes plombent toute véritable politique de prévention : comment financer dès lors les emplois de médiateurs, d’éducateurs de rue, ou les programmes de prévention et de lutte contre la toxicomanie ou les dispositifs d’accès au droit? Et qui prend véritablement la mesure des atteintes aux libertés publiques dans une société numérique?

Sur la méthode : il avait été proposé, par des élus d’opposition, de créer une commission spéciale composée d’élus et d’acteurs locaux pour partager les compétences et envisager un choix consensuel sur un sujet qui ne devrait pas pâtir des clivages politiques : le clan majoritaire à son habitude n’en a pas voulu. La décision de ce jour est imposées sans la moindre discussion ni concertation.

Elle tombe en outre au plus mauvais moment : le gouvernement annonçait la veille, le 19 décembre, par la voix de Jean-Louis Blanchou, délégué interministériel à la sécurité privée, la fin des subventions à la vidéoprotection, hors ZPS (zones prioritaire de sécurité). Voir ici : Vidéoprotection : aides aux communes réduites

M.Bonato ne fait pas ici de la sécurité mais de la politique, et de la mauvaise politique.

Didier Caire, conseiller municipal

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