Retour sur les réunions de quartiers

Commençons par dire qu’elles ont le mérite d’exister, que l’occasion est donnée à des habitants de s’exprimer devant le maire et quelques élus, en général pour récriminer, se plaindre du bruit, du stationnement, des nids de poule, etc., mais ce peut être aussi de l’accueil en crèche, de choix urbains, et tout cela est utile.

On nous vendra ça pour un exercice achevé de démocratie participative ce que ça n’est pas une seconde. Il s’agit pour le maire d’un simple exercice de communication. Le dispositif est : quelqu’un qui sait vient apporter une information à d’autres qui ne savent pas. Alors que le principe de participation c’est : des gens informés échangent leurs points de vue et arguments en vue de co-élaborer des choix collectifs.

La participation exige tout un travail en amont afin de doter les participants d’un niveau comparable d’information, qu’ils aient pu réfléchir préalablement à la façon dont se posent les questions. Il aurait fallu susciter la constitution d’associations de quartier et l’émergence peut-être de représentants ou porte-parole.

On a bien vu, à l’occasion, des positions antagonistes entre habitants du même quartier sur le souhait par exemple du caractère piéton ou non de telle artère. Du coup, le maire un peu goguenard peut laisser entendre : «vous voyez bien, c’est difficile de contenter tout le monde, donc laissez-moi faire, je suis le mieux placé pour savoir ce qui est bon pour vous», et le tour est joué.

La participation ne se décrète pas un soir une fois tous les deux ans. Il s’agit d’une approche sur la durée qui tend à familiariser les participants avec les dossiers et la manière de les aborder, les compétences respectives des différentes collectivités. C’est ensuite : donner confiance, faire comprendre qu’il y a un véritable enjeu et la possibilité de «prendre du pouvoir» et non seulement d’être précisément le jouet d’une opération de communication.

La démarche participative est donc indissociable d’une façon d’administrer et d’un esprit de gouvernement. Un élu doit être délégué à cela et un budget affecté (information, documentation). Des moyens doivent y être consacré comme un espace d’échanges sur le site internet par exemple. La capacité de proposition – ou de décision – des habitants doit être formalisée par un règlement. Ce peut être par exemple, pour un comité de quartier, la possibilité de poser des questions écrites au conseil municipal, ou bien la gestion d’une enveloppe affectée au quartier dans le budget de la commune.

voir aussi : La vie quotidienne au menu des réunions de quartiers (Midi Libre, 22-07-12)

 

 

Un commentaire pour “Retour sur les réunions de quartiers”

  1. Nous avons la même analyse et ces réunions faites au bout de quatre ans n’ont pas d’autre but que l’objectif réélection en 2014.

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