La médiathèque d’Aigues-Mortes a rétréci

la cantine en travaux

la médiathèque-cantine en travaux

la médiathèque avant travaux

la médiathèque avant travaux

Comme prévu, comme annoncé, tous les élus du canton se sont ligués pour attenter au seul espace de culture digne de ce nom à Aigues-Mortes.

La communauté de communes CCTC et les élus d’Aigues-Mortes ont décidé ensemble de créer une cantine dans les lieux mêmes consacrés aux livres, à la lecture, au conte, à la réflexion. Alors on a poussé les livres, les étagères un peu dans l’ombre pour faire de la place, et monté des cloisons.

On doit espérer, avec raison, que la fréquentation de ce lieu obscur va baisser. On l’a d’ailleurs privé depuis longtemps de tout budget d’animation, et doté d’horaires d’ouverture bizarres et changeants pour bien dérouter l’usager. La responsable du service vient de partir à la retraite : et si on ne la remplaçait pas? Ca fera une belle économie.

A propos de coût : bien sûr les contribuables ont payé pour faire une médiathèque, et vont payer encore pour la défaire, on dira rien, ça va passer.

La culture? Bah on s’en fout mais symboliquement c’est important, certains vont rechigner : on va leur dire qu’on fera beaucoup mieux ailleurs, une très grande médiathèque, c’est pas vrai bien sûr, mais ils seront contents.

Oui, j’utilise un ton ironique, parce qu’aujourd’hui, ici, défendre le pas lent de la lecture, l’apprentissage du monde qui se fait dans les livres, la découverte de soi et la compréhension des autres qui est le sens même de la littérature, c’est avancer un peu dans le désert et le simple raisonnement sonne de façon incongrue.

Les écologistes peuvent être où on ne les attend pas : ils font, et nous ferons, de la culture le coeur d’un programme d’avenir. Non pas seulement le spectacle à 30 € pour initiés, mais l’accès aux pratiques artistiques pour tous dès l’enfance, l’apprentissage du jeu théâtral, de la musique, de l’image, de la peinture et des arts graphiques, avec des moyens et dans des lieux adaptés. Parce que ces savoirs-là sont les seuls viatiques du bien-vivre.

Une citation au hasard pour finir : « L’avenir nous tourmente, le passé nous retient, c’est pour ça que le présent nous échappe »

Pourquoi cette phrase si simple, si évidente, nous semble-t-elle toucher au coeur de notre condition, être les mots mêmes d’une grande vérité? C’est à cela que servent les écrivains. C’est une phrase de Gustave Flaubert (XIXème siècle), et c’est à la médiathèque d’Aigues-Mortes, si on lui a gardé une petite place.

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